REVUE DE PRESSE

Publié le par louis

Vous trouverez ci-dessous des articles récents relatant brièvement les derniers évènements concernant le BIDONVILLE DE VILLEURBANNE :

 La multiplication des bidonvilles inquiète

20 Minutes | édition du 23.06.06

Un mois après l'installation d'un nouveau bidonville sur sa commune, le maire PS de Saint-Priest tire la sonnette d'alarme. Dans un courrier récemment adressé au Premier ministre, Dominique de Villepin, Martine David a fait part de « sa vive préoccupation » concernant « les conditions sanitaires déplorables » dans lesquelles vivent depuis début mai trois cents personnes originaires de Roumanie et de Yougoslavie. « Outre le devoir de secours qui s'impose à chacun, la question qui se pose est celle de l'accueil des réfugiés à l'échelle de l'agglomération », souligne l'élue socialiste, soucieuse que s'engage une réflexion de fond sur cette problématique avec l'ensemble des acteurs concernés. Une requête, déjà formulée en mai par le maire PC de Vénissieux André Gérin, à laquelle la préfecture n'a pas encore accédé. Mais une table ronde consacrée à la multiplication des bidonvilles observée ces cinq dernières années pourrait être organisée dès la semaine prochaine.

Elisa Frisullo  ©2006 20 minutes


Evacuation imminente du camp rom de Saint-Priest

20 Minutes | édition du 30.08.06

Ils commencent à plier bagages. Hier, plusieurs familles roms ont quitté le bidonville de Saint-Priest, dont l'évacuation par la police est prévue « dans les prochains jours », selon le préfet du Rhône. Le tribunal correctionnel de Lyon a rendu, le 23 août, un jugement autorisant le recours à la force publique pour l'expulsion des quelque 250 personnes originaires de Roumanie ou d'ex-Yougoslavie, installées depuis mai sur un terrain de la direction de l'équipement. Selon nos informations, deux compagnies de CRS pourraient intervenir sur le site, demain à l'aube. La préfecture a indiqué hier qu'un gymnase de Saint-Priest pourrait être utilisé pour héberger les familles qui le souhaitent. Les associations qui interviennent sur le bidonville, notamment pour lutter contre les problèmes d'hygiène ou aider à la scolarisation des enfants, dénoncent cette expulsion « qui ne fait que déplacer le problème sans le résoudre ».

F. C.  ©2006 20 minutes

Un de détruit, deux de créés

20 Minutes | édition du 31.08.06

Un bidonville en chasse un autre. Hier après-midi, le campement sauvage de Saint-Priest était quasiment désert lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour détruire les baraquements. A leur arrivée, seule une vingtaine d'adultes et d'enfants, sur les 250 Roms qui vivaient là depuis quatre mois, erraient encore au milieu des amas d'ordures et de ferrailles. Les autres, avertis depuis lundi de l'arrivée imminente de la police, étaient déjà réinstallés sur des terrains vagues de Pierre-Bénite et Feyzin.

« C'est bien la preuve que ces expulsions répétitives ne servent à rien, s'est indigné hier le membre d'une association lyonnaise de soutien aux sans-papiers. Cela fait cinq ans que l'Etat fonctionne ainsi et que les Roms vont de squats en squats au gré des expulsions. » Parmi eux, Maria et Georges, la cinquantaine, en sont déjà à leur troisième bidonville sur le Grand Lyon en seulement quelques mois. « On nous demande de dégager, mais pour aller où ? », glisse Maria dans un sanglot, trop malade aujourd'hui pour continuer cette vie de nomade. A ses côtés, Georges, le torse encore meurtri par les dons d'organes qu'il a effectués en Roumanie pour gagner de l'argent, est lui aussi resté à Saint-Priest. « Seuls ceux qui peuvent payer des caravanes peuvent bouger », se plaint-il. Slobodan, arrivé à Lyon il y a sept mois, vend de la ferraille pour gagner sa vie. « J'ai laissé ma famille en Ex-Yougoslavie pour tenter ma chance ici », explique cet homme de 55 ans, désormais installé à Pierre-Bénite. Les moins chanceux, expulsés de Saint-Priest, étaient hier soir encore en attente d'une solution d'hébergement d'urgence.

Elisa Frisullo ©2006 20 minutes


Roms : expulsions en série

20 Minutes | édition du 01.09.06

A peine réinstallés, déjà expulsés. Hier matin, les 150 Roms qui avaient quitté mardi sous la menace d'une évacuation imminente le bidonville de Saint-Priest ont été expulsés du terrain privé où ils s'étaient réinstallés, à Pierre-Bénite. Un site classé Seveso, dont le procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, a demandé l'évacuation dès mercredi afin de garantir la sécurité des nouveaux occupants. Au cours de l'évacuation, cinq personnes en situation irrégulière auraient, selon les associations de soutien aux sans-papiers, été remises à la police aux frontières. Les autres se sont repliés dès hier sur un immense terrain de Villeurbanne, déjà squatté pendant de longs mois par les Roms en 2002.

E. F. ©2006 20 minutes


 

 Petits Roms cherchent école

20 Minutes | édition du 11.09.06


Si le bidonville de Saint-Priest n'avait pas été évacué avant la rentrée, les enfants de Nadia Kovaçu seraient en train d'apprendre le français. Au lieu de cela, Maniela, 7 ans, Andrea, 6 ans, et Koliça, 4 ans, reconstruisent un semblant de maison sur un terrain privé du quartier de la Soie, à Villeurbanne. Un site où certains Roms s'étaient déjà installés en 2002.

Vendredi, le collectif d'associations de défense des Roms a annoncé qu'un projet pilote d'intégration scolaire devrait prochainement voir le jour. « Nous étions prêts à tester le système dès la rentrée. Mais l'expulsion a retardé son lancement », regrette Yves Fournier, enseignant au sein de l'association Aide à la scolarisation des enfants tziganes (Aset). Sur 71 enfants recensés, 10 iraient dans une école de Saint-Priest, prête à les recevoir, et bénéficieraient ainsi d'un suivi scolaire. Les autres seraient pris en charge pendant trois mois par les enseignants de l'Aset et des bénévoles, avant d'intégrer une classe. « On va se battre pour que ce projet aboutisse. Mais les familles ont besoin d'un minimum de stabilité », note Isabelle Feutry, membre d'ADT Quart-Monde. Avant de lancer le dispositif, le collectif attend donc la décision du tribunal de grande instance de Lyon qui doit examiner, cet après-midi, une plainte du propriétaire du terrain squatté. « La scolarisation de Roms est un sujet délicat. Elle rend visible une population que certains ne veulent pas voir », souligne Yves Fournier.

Carole Bianchi ©2006 20 minutes


Roms : répit avant expulsion

20 Minutes | édition du 12.09.06

Trois semaines de sursis pour les Roms de Villeurbanne menacés d'expulsion. Hier, le tribunal de grande instance de Lyon, chargé d'examiner la plainte du propriétaire du terrain villeurbannais squatté depuis le 1er septembre par 250 familles originaires de Roumanie et d'ex-Yougoslavie a mis l'affaire en délibéré au 2 octobre. Une bonne nouvelle, accueillie au palais de justice (3e) par les applaudissements et soupirs de soulagement des Roms venus en grand nombre assister à l'audience. « C'est une bonne chose. Il ne nous restera plus qu'un mois à tenir », a indiqué l'avocate des familles, Marie-Noëlle Fréry, soucieuse de retarder jusqu'au mois de novembre l'évacuation du camp de Villeurbanne. « Si nous obtenons de la justice un délai de trois mois, la puissance publique sera contrainte de trouver des solutions d'hébergement à ces familles dans le cadre du plan froid », a insisté l'avocate.

Les Roms ont déjà été évacués par deux fois ces trois dernières semaines, du bidonville de Saint-Priest puis de Pierre-Bénite. En cas d'expulsion précoce, ils se retrouveraient une fois encore éparpillés dans la rue. « Ce serait dramatique, notamment pour les enfants que nous essayons de scolariser. Pour pouvoir le faire, il faut un minimum de stabilité », a indiqué le responsable d'une association humanitaire lyonnaise. L'avocat de la SCI La Petite Fleur, propriétaire du terrain squatté, a pour sa part indiqué que « ce n'était pas à un propriétaire privé de pallier les carences de l'Etat dans cette affaire ».

Elisa Frisullo ©2006 20 minutes


 

 Trois mois de sursis pour les Roms de Villeurbanne

20 Minutes | édition du 03.10.06

Pas d'expulsion immédiate pour les Roms de Villeurbanne. Hier, le tribunal de grande instance de Lyon a accordé un délai de trois mois aux deux cents familles installées depuis le 1er septembre sur un terrain privé du Carré de Soie. Le tribunal, saisi par le propriétaire du site squatté qui demandait l'évacuation du bidonville, a estimé que « seul un délai peut faciliter la recherche de solutions [pour ces familles] par les autorités publiques et les associations qui les aident ».

Un sursis accueilli avec prudence hier par l'avocate des familles, Marie-Noëlle Fréry. « Un délai autorisant ces familles à rester dans le froid et sous la pluie n'est jamais satisfaisant, a-t-elle estimé. Sauf que cela contraint la puissance publique à leur proposer un accueil et un hébergement décents dans le cadre du Plan froid. » Ce répit devrait aussi permettre aux associations de concrétiser leur volonté de scolariser les enfants du bidonville. Un projet initialement prévu pour la rentrée et qui avait dû être reporté, fin août, après l'expulsion de ces familles du bidonville de Saint-Priest.

Elisa Frisullo ©2006 20 minutes

 

Vacances forcées pour les enfants roms de Villeurbanne

20 Minutes | édition du 06.11.06

Toujours pas d'école pour les petits Roms du bidonville de Villeurbanne. Alors que plusieurs enfants de ce squat devaient découvrir leurs nouveaux camarades dès ce matin, le projet de scolarisation mené par l'association Classes depuis plusieurs mois est une nouvelle fois reporté.

L'inspecteur académique adjoint, Gérard Arrambourg, qui devait rencontrer les bénévoles de l'association avant les vacances de la Toussaint, a reporté la réunion à mercredi. Il doit en effet se concerter aujourd'hui avec les quatre municipalités (Villeurbanne, Décines, Bron et Vaulx-en-Velin) visées par le projet. « Les enfants sont prêts à intégrer les écoles car ils sont vaccinés », note Yves Fournier, enseignant de l'Aide à la scolarisation des enfants tziganes. En attendant, la centaine d'enfants reste chaque jour dehors, sur le terrain vague du quartier de la Soie, où six cabanons ont pris feu dans la nuit de vendredi à samedi.

C. B. ©2006 20 minutes


Olivier Brachet, directeur de l'ONG lyonnaise Forum réfugiés.

20 Minutes | édition du 04.01.07

Quelles vont être les conséquences de l'entrée de la Roumanie dans l'UE pour les nombreux Roms de Lyon ?

D'un point de vue réglementaire, je pense qu'ils seront moins inquiétés qu'avant. Maintenant qu'ils sont citoyens européens, les contrôles de police sur la légalité de leur séjour vont diminuer. Depuis 2000, ils pouvaient séjourner quatre-vingt-dix jours en France avec un passage certifié en frontière. Ils ne sont désormais plus tenus de se signaler en frontière et il sera donc plus difficile pour les autorités de vérifier la validité de leur séjour. Les expulsions vont se faire lentement. Ce sera moins musclé. Il y aura un repositionnement des autorités sur les éventuelles infractions pénales, comme les occupations illégales de terrains.

Vont-ils continuer à venir en France ?

Pour les Roms, la France n'est pas un pays de destination. Ils préfèrent bien souvent l'Italie ou l'Espagne. Et contrairement à ce que l'on pense, ce sont des sédentaires, qui effectuent des migrations pendulaires pour venir gagner de l'argent. Ils s'imaginent un avenir en Roumanie, pays qui a aujourd'hui un fort besoin de main-d'oeuvre. L'immigration des Roms vers la France a déjà beaucoup diminué ces dernières années et a également évolué.

De quelle manière ?

Elle est désormais aux mains de réseaux qui organisent des filières d'exploitation. Il y aura certainement une petite communauté de Roms qui restera sur Lyon. Ce sont ceux qui ont raté leur voyage, qui se retrouvent bloqués, qui sont en détresse. Car la population locale a arrêté de donner de l'argent. La mendicité organisée, cela a marché au début. Les premiers Roms, qui sont arrivés en masse en 1994-1995 à Lyon venant de Craiova après être passés par l'Allemagne au début des années 1990, ont ramené de l'argent qu'ils ont investi.

L'attitude de la France face aux migrations Roms a-t-elle évolué ?

En douze ans, le dossier des Roms n'a pas été pris sérieusement en main en France. Il n'y a aucun endroit où l'on réfléchit à leur situation dans le pays alors que d'autres pays ou l'Union européenne ont créé des structures. La réflexion sur le sujet n'a pas beaucoup avancé. Ce qui a avancé, c'est la Roumanie.

La situation des Roms va-t-elle s'améliorer en Roumanie ?

L'intégration des Roms, victimes depuis longtemps de discrimination, est un des gros enjeux pour la Roumanie, qui s'est dotée d'outils de droit et de représentation pour intégrer l'Europe. Mais on n'efface pas d'un coup l'histoire des relations difficiles entre les Roumains et les Roms. Le but est de les intégrer au système démocratique et scolaire, de faire émerger une élite. Cela mettra du temps.

Recueillis par F. C. ©2006 20 minutes

            

          Le Progrés Edition du 01/02/07

            André Gachet  Directeur de l'ALPIL : «Notre souci, c'est que la situation cesse»

            A la demande de la Préfecture, l'Alpil va réaliser un audit dans le

            camp de Roms pour proposer des solutions à ses occupants

            >> Quelle est votre mission ?

            André Gachet, directeur de l'Alpil (Association lyonnaise pour

            l'insertion par le logement) : «Notre souci aujourd'hui, c'est que

            la situation cesse. La démarche n'est pas de gagner du temps dans un

            lieu indigne, mais d'en sortir sans en créer un autre. La mission

            qui nous a été confiée par la Préfecture, c'est de faire des

            propositions qui éviteront que demain la situation se recrée. C'est

            un travail complexe et difficile.

             >> Comment allez-vous vous y prendre ?

            Nous allons faire un audit pendant un mois, pour connaître les

            demandes et les besoins individuels et travailler sur six axes

            précis : l'emploi, le logement et l'hébergement, la santé, la

            protection de l'enfance, l'éducation, la sécurité et l'ordre public.

            Dès le 5 février, nous installons un bureau dans le camp.

             >> Comment ferez-vous pour empêcher l'installation de nouveaux

            arrivants dans le camp ?

            L'Alpil n'est pas un service de police, mais on posera des règles.

            Pour ce genre de travail, on ne peut pas travailler sur des flux.

            Nous figeons. Nous travaillerons avec les populations en place au

            moment de l'installation.  

 

            >> Au niveau de l'emploi, les règles ont changé depuis le 1er

            janvier

            Les Roms ont une forte demande d'emploi. Depuis le 1er janvier, 62

            métiers leur sont accessibles. Mais encore faut-il qu'ils trouvent

            un emploi et un employeur qui accepte de payer une taxe de 800 à 1

            600 euros ! Avec cet audit, nous allons évaluer leur employabilité.

            On peut leur faire passer des informations, les aider à faire un cv.

            On va essayer de voir s'il peut y avoir une adéquation entre l'offre

            et la demande, évaluer leurs atouts et leurs handicaps. On pourrait

            par exemple éventuellement mettre en place des cours de langue.  

 

            >> Cela ne sera-t-il pas difficile de proposer des solutions

            d'hébergement dans ce contexte de grave crise du logement ?

            Il faut d'abord qu'on étudie la situation et l'attente des

            personnes. Leur présence est-elle saisonnière ou durable ? Même si

            nous assurons une présence auprès de ces populations depuis dix ans,

            on part du principe qu'on ne sait rien. On va se fonder sur l'audit,

            sans idées préconçues. Nous avons 28 jours pour toucher 250 adultes.

            Et après, on sait qu'il n'y a pas de recettes de cuisine. On accepte

            la complexité de la situation. C'est un défi, et il va falloir

            inventer des solutions.

 

            >> Quels sont les moyens dont vous disposez ?

            Nous aurons en permanence trois salariés sur le site. Et on dispose

            d'un réseau d'appui, avec des partenariats forts avec Médecins du

            Monde, l'association Classes, la fondation de l'Abbé Pierre 

 

                  >> Et quel budget ?

            La préfecture nous a donné 12 000 euros.  

            >> Est-ce que vous n'avez pas peur de créer un appel d'air qui

            provoquerait de nouvelles arrivées ?

            Le seul intérêt de notre mission, c'est d'éviter la reproduction de

            la situation. Avec le recul qu'on a, on sait que moins on

            intervient, moins on administre, plus les problèmes sont importants.

            C'est l'absence de solutions qui crée les problèmes. Plus on gère,

            plus on régule, plus on a des chances de régler le phénomène. Quand

            on avait installé des préfabriqués, on n'a jamais eu de problèmes de

            suroccupation, parce qu'on gérait. Là, il y a une volonté de la

            préfecture du Rhône, et c'est la première fois qu'on essaie de

            mettre en place ce genre de solutions.

            >> Mais la solution n'est-elle pas en Roumanie, qui est maintenant

            membre de l'Union européenne ?

            La Roumanie connaît toujours des problèmes économiques, et le

            salaire moyen reste très faible. Mais si la situation économique

            s'améliore, tout ce qui a été fait ici sert le retour. Un enfant

            scolarisé aura plus de chances d'y trouver un travail, un adulte qui

            travaille ici acquiert de l'expérience qu'il pourra utiliser là-bas.

            C'est une nouvelle donne qui nous permet de travailler autrement :

            on travaille sur des droits communs pour des citoyens de l'Union

            européenne.

            Propos recueillis par Laurence Loison

            lloison@leprogrés 

 

            

 

Publié dans bidonville

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