REFLEXION SUR LES SOUS-HOMMES

Publié le par louis

 

 

La volonté de la Préfecture du Rhône, sous la pression associative, a changé les perspectives des Roms du Bidonville de Villeurbanne. En effet un travail de longue haleine a été entamé par l'A.L.P.I.L. dont l'expertise permet déjà de déboucher sur des solutions individuelles de relogement.  

Pour autant, les urgences demeurent.

En acceptant d'accueillir cette population dans notre pays, nous leur avons ouvert des droits:

-          droit de vivre sur notre sol    

-          droit à être logé décemment    

-          droit (restreint) à travailler

-          droit à la scolarisation

C'est beaucoup, bien plus qu'ils n'ont jamais eu certainement.

En ouvrant ces droits, nous nous sommes également imposés des devoirs.Notamment palier aux 1eres urgences que les contingences matérielles du relogement ne peuvent éluder. L’amélioration des conditions de vie de ce bidonville fait partie de ces urgences flagrantes.  

Force est de constater que ces Roms « citoyens européens » traînent encore avec eux ce sentiment (relayer par les faits) d’être considérés comme des sous-hommes.

C’est un sentiment qui exonère la conscience. Ce sentiment archaïque, sous-jacent, que l’on se défend volontiers de partager est pourtant bien là. Il imprègne les contours du bidonville.

C’est ainsi qu’au milieu des immondices et des excréments la vie suit son cours.

C’est ainsi que des enfants de 3 semaines se blottissent au creux de leur mère sous d’improbables abris.

C’est ainsi que les bidons se remplissent inexorablement à l’unique point d’eau du camp. 

Tout cela est donc acceptable.

Tout cela est accepté puisqu’il semble que de tout temps ils ont ainsi vécu et qu’ils s’en accommodent. Leurs enfants sont sales, leurs grands frères peut-être voleurs, leurs parents mendiants.

On devrait traduire le terme  « Rom » par « maudit ». Maudit par le sort ou pire par les Hommes. Par le fatalisme des Hommes.

Tout cela doit être dit et redit à satiété. Pour ne pas tomber dans « l’oubliètude » (cette sale manie de ne plus voir ce qui pourtant crève les yeux).

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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