les Roms toujours dans l'attente

Publié le par louis

Camp du Carré de Soie :

Vingt familles sont parties en foyer, mais depuis : rien. Les résultats sur le front de l'emploi sont plus encourageants.

Derrière les palissades du Carré de Soie, le camp de Roms n'est pas visible, mais il est facilement repérable à l'odeur, même quand on passe simplement en voiture : odeurs de fumée, odeurs d'excréments.
Bien sûr à l'intérieur, c'est pire. L'odeur de merde est prégnante. Des montagnes d'immondices jonchent le camp, de-ci et delà, au milieu des cabanes. Trop proche d'un tas d'ordures, une cahute a été démontée, à cause des rats. Cinq cents personnes vivent toujours ici, depuis le mois de septembre, et dans cet immense cloaque puant, on trouve beaucoup d'enfants.
La mairie a fait installer un point d'eau, huit cabines-toilettes, des bennes à ordures passent régulièrement. « C'est insuffisant pour un camp de cinq cents personnes. Les gens disent que les Roms sont sales, mais qu'ils essaient eux aussi de vivre en fermant leurs sanitaires. On ne peut plus trier ces tas d'immondices, il faudrait les enlever au bulldozer. C'est très malsain, et c'est un vrai problème d'hygiène publique. Je comprends les désagréments pour les riverains. Et je rêve qu'ils aillent manifester devant les autorités pour exiger qu'on nettoie cet endroit dans les 24 heures, pour que ces gens, dans une misère noire, puissent attendre un relogement dans des conditions dignes», affirme André Gachet, président de l'Alpil (Association lyonnaise pour l'insertion par le logement).

Des petits terrains pour installer des bungalows
Côté relogement, on n'a pour l'instant guère avancé. Une vingtaine de familles ont été relogées en foyer d'urgence. Les autres attendent. «Depuis le début, nous sommes pressés par le temps. Parce que nous sommes dans un lieu dangereux, où le risque d'incendie est permanent», note M. Gachet.
L'Alpil souhaite installer des bungalows provisoires, sur plusieurs terrains de l'agglomération. « Nous avons repéré plusieurs terrains, des terrains à taille humaine pour trois ou quatre familles. Nous sommes en discussion avec les élus locaux, mais c'est vrai que les élections ne facilitent pas ces décisions », constate-t-il. Dès qu'une famille quitte le camp, sa cabane est démolie, pour ne pas encourager d'autres installations. Selon l'Alpil, la population reste relativement stable.
Sur le front de l'emploi, les résultats sont plus encourageants. Nouveaux citoyens de l'Union européenne, les Roumains peuvent travailler dans sept secteurs précis (voir encadré). Douze promesses d'embauche dans le BTP ont été déposées à la Direction départementale du travail. Quatre personnes devraient également être recrutées dans l'agriculture.
Cinq personnes entrent en formation Français langue étrangère et maçonnerie, 15 autres bénéficieront du dispositif Acceler, réservé normalement aux réfugiés (formation français et ouverture vers l'emploi). L'Alpil cherche maintenant des contacts avec des entreprises de nettoyage, convaincus que cette filière peut offrir des débouchés.
La mission de l'Alpil a été reconduite. Quatre personnes (pour trois postes et demi) sont mobilisées sur le camp tous les jours.


Laurence Loison
lloison@leprogres.fr

Le Progrés du 5 juin 2007


Publié dans bidonville

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