EXPULSION EN VUE (Villeurbanne)

Publié le par louis

 

 

 

Depuis septembre 2006, des familles chassées d’un terrain de Saint-Priest se sont installées sur la friche industrielle de la Soie à Villeurbanne, donnant ainsi naissance au plus grand bidonville de France. On dénombre environ 400 personnes dont 90 enfants. Avec le soutien de nombreuses associations, jour après jour la vie s’est organisée dans ce camp.

En janvier 2007, après avoir mandaté un audit, la Préfecture du Rhône a décidé d’entamer une opération de relogement de ces citoyens européens d’origines Roms. Ainsi 50 ménages ont pu bénéficier d’un relogement et 70 enfants sont scolarisés à l’école de la République. Ces résultats indiquent bien qu’il est possible d’insérer durablement cette population.

Aujourd’hui ce travail de longue haleine est remis en cause par une expulsion prévue au 1er août. Ce revirement de dernière minute de la préfecture du Rhône annonce la fin d’un processus approuvée jusqu’ici par toutes les parties. De plus cette expulsion est assortie d’une reconduite dans leur pays d’origine alors que l’état de santé de certains nécessitent des soins réguliers et de qualité. Il ne fait aucun doute que ceux qui parviendront à échapper aux expulsions feront naître de nouveaux bidonvilles. Quant aux expulsés, ils seront bientôt de retour une fois validée leur visas de tourisme de trois mois.

En effet, nul ne peut ignorer que ces familles ont fui la violence des discriminations ethniques d’un pays qui les condamne à la pauvreté. La Roumanie pratique à l’égard des Roms une politique ouverte d’apartheid en les reléguant notamment dans des ghettos insalubres. Ils sont réellement considérés comme des citoyens roumains de second ordre. Cette situation subie par nos concitoyens européens constitue une atteinte grave à la dignité humaine.

La pratique a montré que l’expulsion n’a jamais solutionné la présence des bidonvilles. Elle n’a fait qu’accroître les conditions de vie misérable de cette population européenne rejetée de tous. Ces enfants, ces hommes et ces femmes méritent de bénéficier d’une véritable politique concertée autre que la violence d’une expulsion pure et simple (l’expulsion de Saint-Priest en 2006 s’était accompagnée de la destruction de toutes les caravanes par les forces de l’ordre, jetant sur la route des centaines d’individus).

Les attentes et les espoirs des Roms étaient forts et entretenues par les engagements des autorités préfectorales. Ils ont vu en la France une terre d’accueil et de respect des Droits de l’Homme.

 

En les expulsant pouvons-nous ici leur faire subir un sort qu’ils se sont efforcés de fuir ?

 

Devons-nous à notre tour les traiter tels des sous-hommes en méprisant leur droit à vivre dans des conditions décentes ?

Le Collectif de soutien aux Roms appelle à surseoir à cette expulsion afin de proposer des solutions humaines acceptables à cette population stigmatisée par ses origines.

Le Collectif Rrom des associations de l’agglomération lyonnaise comprend :

Ligue des Droits de l’Homme , ATD-Quart-Monde Rhône-Alpes, C.L.A.S.S.E.S. (Collectif lyonnais pour l’aide et le soutien à la scolarisation des enfants des squats), RESF (Réseau Education sans Frontières)-Lyon,  Médiation et accompagnement des demandeurs d’asile, Arts et Développement Rhône-Alpes, Resovigi, Ecologie-solidarité-citoyenneté Tassin,  A.S.E.T. 69 (Association pour la scolarisation  des enfants tziganes), Gref.

Aujourd'hui les familles sont résignées. Nombreux sont déja affairés à plier bagages. Certains pour un départ vers la Roumanie, d'autres vers la clandestinité. Selon les dernières informations environ 170 personnes en cours d'insertion pourront rester sur le territoire. Une aide au retour est proposée : environ 150€ par personne, 50€ pour un enfant et un aller simple  en autocar jusqu'en Roumanie.

 

 

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