REVUE DE PRESSE DE L'EXPULSION (Villeurbanne)

Publié le par louis

20Minutes édition du 01/08/2007 .Dalya Daoud .

Expulsion d'un bidonville à Villeurbanne 

5h30 ce mercredi matin, quelques hommes déjà levés fument des cigarettes devant un brasero. A Villeurbanne (Rhône), 200 Roms attendent d’être expulsés du bidonville qu’ils ont installé il y a bientôt un an, sur un terrain vague du quartier de la Soie. Au départ, 500 personnes y vivaient. Informés depuis une semaine de leur expulsion du camp et de sa destruction, beaucoup sont déjà partis, sans doute pour rejoindre l’un des quatre autres bidonvilles de l’agglomération lyonnaise, à Vénissieux ou à Vaulx-en-Velin.

«L’évacuation est prévue de longue date, mais la préfecture a précipité les choses cette semaine, et nous n’avions pas encore la solution pour chaque famille», regrette Nicolas Molle, membre de l’Association lyonnaise pour l'insertion par le logement (Alpil). Un cas de tuberculose a été détecté sur le bidonville, ce qui a déclenché la décision du préfet d’évacuer le site aussi rapidement, a justifié le préfet mercredi après-midi. «Sept autres cas sont suspicieux, toutes les personnes concernées suivent un traitement», a signalé une représentante de Médecins du monde. 70 personnes ont néanmoins pu être relogées depuis janvier, et la préfecture vient d’autoriser 45 de ces familles en situation vulnérable ou en cours d’insertion à rester sur le territoire. C’est le cas de Tegasion, 24 ans, jeune père de famille au cou duquel est accrochée une petite fille endormie. «Je travaille, je suis maçon», répète-t-il. Quelques-uns ont comme lui intégré des formations ou des emplois dans le bâtiment et les travaux publics, certains autres ont obtenu des contrats d’ouvrier agricole.

Il se peut qu'ils reviennent

Mais la majorité des Roms réveillés mercredi matin par les gendarmes, environ 150 personnes, ont accepté de retourner en Roumanie avec une aide de 153 euros par adulte et 46 euros par enfant. Ils devraient être rapatriés dans une dizaine de jours. En attendant, ils ont été menés dans des centres d’accueil ou des hôtels. «Ils sont tous originaires de la même région, dans le Nord Ouest de la Roumanie, raconte un traducteur de l’Alpil. Il se peut qu’ils reviennent dans quelques temps. Ce sont des ressortissants européens, ils en ont le droit.»

Devant les bicoques alignées, les Roms ont sorti leurs affaires empaquetées et ballottées depuis plusieurs années. Dans le calme, ils quittent le terrain vague encadrés par des gendarmes, laissant des lits et des couvertures dans les baraquements. Vers 6h 0, un car affrété fait un premier voyage entre la rue de la Soie où les Roms ont été massés, et la plateforme de Forum Réfugiés à Lyon. La traductrice missionnée par la police tient en main une liste de noms et appelle chaque famille dans un roumain mal assuré. Dans le bus, des enfants font des signes de la main aux journalistes restés derrière des barrières. Pendant ce temps, les pelleteuses ont déjà commencé à dégager le terrain et, dans l’après-midi, les bulldozers ont fini de raser le camp.

A Villeurbanne, Dalya Daoud
20Minutes.fr, éditions du 01/08/2007 - 17h1

LE PROGRES édition du 2 aôut 2007

Les Roms s'éparpillent dans le sud-est lyonnais
Toute la journée d'hier, une partie des services de police de l'agglomération lyonnaise était sur les dents : le terrain du Puisoz, à Vénissieux, comme les abords de la caserne des pompiers, à Saint-Priest, étaient particulièrement sous surveillance.
Plusieurs agents, notamment des polices municipales vénissiane et san-priote, expliquent « tourner à la recherche d'installations nouvelles, en particulier sur des terrains où les Roms sont déjà venus ». Aucun ne dit savoir précisément où se sont installés les expulsés de Villeurbanne, mais certains notent « l'agitation autour du Puisoz, derrière le talus du gymnase de l'avenue Marcel-Sembat ». Les habitants du quartier ont, eux aussi, constaté de nombreux mouvements de populations : les hommes bâtissent ou consolident leurs « maisons » de fortune avec des planches, pendant que les femmes et les enfants amènent des bidons d'eau ou des sacs de nourriture.
Quant à une installation possible sur Saint-Priest, deux agents de police ont remarqué près de la caserne des pompiers un « agrandissement » du camp sauvage préexistant sur la commune.

Joël Carassio


Dépêche AFP du 1er août 2007

LYON (AFP) - Plusieurs centaines de Roms de Roumanie, installés depuis un an sur un terrain à Villeurbanne (Rhône), en ont été expulsés dans le calme mercredi matin par les forces de l'ordre, a-t-on appris auprès de leur collectif de soutien et de la police.

Environ 150 à 200 personnes, qui ont accepté de rentrer en Roumanie contre une aide au retour de 153 euros par adulte et 46 euros par enfant, ont été emmenées en car vers des foyers d'où ils devraient être rapatriés d'ici une dizaine de jours, a indiqué Pierre Moulinier, du Collectif Rom.

Ces Roumains, citoyens européens depuis le 1er janvier 2007, étaient expulsables au bout de trois mois s'ils troublaient l'ordre public, s'ils ne disposaient pas de revenus stables ou s'ils constituaient une charge trop grande pour le système social, selon la préfecture du Rhône, qui a indiqué que dans le cas du camp de Villeurbanne, les deux dernières conditions étaient réunies.

Par ailleurs, selon la préfecture, 47 adultes, en cours de formation ou employés et qui se sont engagés à scolariser leurs enfants, ont signé un contrat accueil et intégration (CAI). Enfin, une quarantaine de familles, considérées comme vulnérables, bénéficient d'un hébergement d'urgence de 72 heures, a-t-on appris de même source.

D'autre familles du camp, qui a compté jusqu'à 400 habitants selon la préfecture, avaient déjà quitté le terrain avant l'expulsion.

Certaines ont rejoint d'autres bidonvilles autour de Lyon, dont ceux de Vénissieux (entre 130 et 150 personnes) et Saint-Priest (une petite centaine d'occupants).

"Cette expulsion va inévitablement grossir les autres bidonvilles, il y en a déjà trois à quatre dans l'agglomération lyonnaise, il y en aura peut-être un cinquième bientôt", a regretté Nicolas Molle, membre de l'Action lyonnaise pour l'insertion sociale par le logement (Alpil).

Le préfet du Rhône, Jacques Gérault, a précisé, lors d'une conférence de presse dans l'après-midi, qu'un cas de tuberculose avéré, détecté dans le camp, avait été l'un des arguments principaux dans sa prise de décision, en raison du risque de contagion.

Sept personnes (3 adultes et 4 enfants) sont en cours de traitement et hospitalisées de façon temporaire, a-t-il souligné.

"Je compte agir de la même manière dans les autres bidonvilles de l'agglomération", a encore précisé M. Gérault.

Une conférence est prévue en septembre sur les Roms de l'agglomération lyonnaise, rassemblant les différents acteurs concernés par les bidonvilles.

Les familles, ballottées depuis plusieurs années d'un terrain vague à l'autre au gré des expulsions, avaient déjà été chassées à coups de pelleteuses d'un terrain de Saint-Priest (Rhône) en août 2006.

Elles s'étaient alors installées à Villeurbanne, à proximité d'une zone visée par le grand projet urbain du "Carré de Soie".

Le 2 octobre 2006, le tribunal de grande instance (TGI) de Lyon avait ordonné l'expulsion des occupants du terrain, leur donnant trois mois pour quitter les lieux.

Publié dans bidonville

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