RECIT D'UNE EXPULSION (Villeurbanne)

Publié le par louis

 Le camp de la Soie expulsé

Il s'agit ici de photos "volées" prise à l'insu des forces de l'ordre présentes.

 En attendant l'expulsion

Depuis quelques jours les Roms avaient pris la mesure de ce qui allait se passer. Pourtant la veille encore on pouvait observer des femmes nettoyant machinalement leurs habitations et ses abords.

Le 1er août, c’est à 6 heures que les forces de l’ordre se sont positionnées aux deux entrées du camp.

Un peu plus tôt, journalistes, membres du Collectif de soutien et l’ALPIL étaient déjà au sein du bidonville. Des représentants de la police pénétrant dans les lieux ont expliqué le déroulement des opérations, tout en exigeant le  départ de l’ensemble des journalistes tant télévisuel que de presse écrite, arguant que montrer les Roms dans cette situation serait une atteinte à leur dignité … 

 

Malgré ces pressions tendant à limiter le droit à l’information, l’évènement fut bien « couvert » par les médias notamment France 3 qui déjouant le dispositif parvint à s’installer sur la terrasse d’un appartement bien situé.

Ainsi débuta l’expulsion qui fut en réalité un départ volontairement consenti par les habitant de ce bidonville. La Croix Rouge, ayant dépêché des volontaires, aida les plus chargé à transporter les effets personnels que les roms souhaitaient emporter avec eux.

Dés les premières  cabanes vidées, la Gendarmerie Mobile munie de gants et de masques commença à remonter le camp, inspectant chaque abri. Les retardataires furent invités à se presser mais cela sans violence ni provocation.

En moins d’une heure, les quelques 150 à 200 Roms évacués du site ont été rassemblés rue de la Soie où un dispositif policier conséquent les encadraient. A l’appel de leurs noms les familles ont été invitées à prendre place à bord d’un bus en direction d’un foyer d’urgence géré par Forum Réfugiés. Trois navettes furent nécessaires pour évacuer l’ensemble des expulsés.

Aussitôt la dernière famille ayant quitter le bidonville, un accès fut ouvert afin de permettre aux engins de chantier de pénétrer dans le camp. En fin de journée le bidonville était rasé.  Si les conditions de l’expulsion ont été satisfaisantes car sans violence de part et d’autres, il n’en reste pas moins que ces familles sont à nouveau les victimes sans fin d’un rejet systématique qui cédant à la facilité évite ainsi d’envisager des solutions durables et respectueuses des Droits de l’Homme.

Bien sûr l’existence de ce bidonville ne pouvait perdurer mais son éradication accompagnée d’un retour forcé en Roumanie ne règle rien. Déjà l’on voit grossir d’autres bidonvilles dont l’éradication prévue prochainement ne saurait pour autant tarir la présence Rom dans notre pays. Nous allons donc vers plus de précarité et d’insécurité pour cette population.

La chasse aux Roms semble bien engagée.

Publié dans bidonville

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